Erasmus à Bari : immersion italienne pour un futur expert en IA…
Actualité publiée le 09 octobre 2025 

Erasmus à Bari : immersion italienne pour un futur expert en IA et Big Data

Résumé
A Bari, entre vision par ordinateur, cappuccinos mousseux et défis logistiques, Antoni Marques Lopes, étudiant en Bac+5 à ESIEE-IT, nous plonge dans son expérience Erasmus au Politecnico di Bari. Avec quatre camarades de promo, il choisit l’Italie pour vivre une aventure humaine, académique et culinaire inoubliable.
Retour sur 5 mois d’apprentissage, de surprises et de découvertes, entre cours de Deep Learning et virées italiennes.
Visuel
alberobello66-2-copie
Description

? Durée du séjour : 23 septembre 2024 au 22 février 2025

Bari, Italie : un Erasmus, colocation XXL et dolce vita

Partir en Erasmus faire ses études à l’étranger est une opportunité à ne surtout pas laisser passer ; une expérience qui ne laisse personne indifférent. Cela nous a permis de voir comment l’on vit dans un autre pays, de changer d’air, de gagner en autonomie et beaucoup plus encore.

On a choisi l’Italie pour ce voyage, pas de motivation particulière si ce n’est de rester à 4 tous ensemble dans un pays qui est attrayant sur le papier. On s’attend au moins à bien manger, être dans un pays riche en histoire et apprendre une nouvelle langue.

Malgré un tumultueux départ marqué notamment par des changements imprévus de date de rentrée, nous avons eu le temps et l’opportunité de louer une maison pendant 5 mois pour 2000€ par personne, puisqu’à politecnico di Bari, il n’y a pas de logements étudiants.

Notre maison ? 300m² à 5, sur 3 étages.”

? Nous avons décidé de partir en voiture pour avoir la liberté de bouger où on veut et quand on veut, d’autant plus que nous n’étions qu’à 10 minutes de l’école et que la maison disposait de places de parking.

erasmus-bari-italie-carte-postale

 

Un semestre au rythme de l’IA, du Big Data et de l’IoT

Nous avons choisi comme cours, computer vision (qui comprend un module appelé artificial vision et un autre s’appelant Image Processing) valant 12 crédits ECTS suivi de Information Systems Design and Big Data valant 12 crédits ECTS également puis enfin Deep Learning qui en valait 6. Malheureusement, la date ne nous a été communiquée qu’à notre arrivée et ne correspondait pas à nos dates de mobilité. Nous avons remplacé ce cours par Internet Of Things valant également 6 crédits.

Arrivée à Bari

Il faut dire qu’on reçoit tout de même une claque de constater que c’est une ville qu’on pourrait comparer à Cuba. Il y a une grande concentration de population et une disparité entre le vieux Bari où se situe le théâtre, les beaux quartiers et là où nous séjournons, proche de la gare.

Autre particularité très italienne : les rues débordent de voitures et les Italiens adorent créer de nouvelles files. Ils s’arrêtent en feu de détresse dès que l’occasion se présente ou qu’ils perdent patience, pas simple de stationner donc…

C’est une ville qu’on pourrait comparer à Cuba : belle, animée, mais contrastée 

? Nous étions logés à Cellamare, une ville à 10 kilomètres de Bari ce qui nous a immédiatement plongés dans la réalité de l’autonomie et de l’organisation à 5 de l’entretien de 300m² (plus ou moins car en réalité nous avions des voisins logés au sous-sol) et de l’organisation de la colocation.

S'ajoutent à cela les mésaventures multiples telles qu’une inondation dans une chambre ainsi qu’une coupure de chauffage et d’eau chaude (pendant une semaine en plein hiver). A savoir aussi que l’Italie à un grand problème de distribution d’eau, elle est rationnée par les villes et cela engendre un manque cruel de pression.

Découverte de l’université : entre organisation et adaptation

Notre journée d’accueil fut plutôt agréable. Il n’y avait pas de Buddy Program et les groupes de même nationalité se sont très vite formés dès la journée d’accueil.

Des groupes WhatsApp aussi ont été mis en place par l’école pour chaque matière pour pouvoir communiquer entre élèves. Ces groupes contiennent les informations de l’ESN (Erasmus Students Network) tel que des évènements, soirées etc.

Je ne suis pas très extraverti et les autres non plus donc nous avons peiné à sociabiliser surtout avec les étudiants étrangers ou même italiens avec qui nous n’avons pas eu plus d’interactions que ça, les Espagnols notamment, en très grand nombre, peu enclins à parler anglais.

Une cafétéria est présente et sert des croissants le matin et des parts de pizza le midi, le meilleur des deux mondes, mais ce que nous préférions par-dessus tout..., c'était leur cappuccino. ☕

Les salles sont bien indiquées et il y a quelques endroits pour pouvoir étudier (salle d’études, banc avec prise électrique), à savoir que notre propre salle de classe n’avait pas de prise électrique et n’était pas la plus récente de tout l’établissement. Malheureusement tous nos cours se passaient dans cette même salle. Notre emploi du temps était plutôt confortable, 8h20 à 12h50 du lundi au jeudi et le vendredi toute la journée.

Un semestre théorique… mais un projet stimulant

En ce qui concerne le contenu des cours, nous étions bien loin des cours que propose ESIEE-IT. Computer vision (vision par ordinateur) nous avions deux modules, le premier image processing pour la majeure partie sur le fonctionnement de l’œil humain, le lien avec nos appareils photo et des techniques tel que l’anti-aliasing.

Les deux principales différences qui changent d’ESIEE-IT par rapport à l’université de Bari sont la proximité et l’échange avec les professeurs. Ces deux points sont davantage mis en avant et actifs à ESIEE-IT, mais cela reste normal pour une université.

Les professeurs demeurent disponibles à la fin du cours et après pour ré-expliquer certaines choses. Nous concernant, nous n’étions jamais allés à l’université donc ce dépaysement serait sans doute moindre pour quelqu’un ayant déjà fréquenté une université, j’imagine.

Seul le cours d’artificial vision avait un échange actif où l’on venait au tableau et avions des exercices à faire chez nous etc. Le reste se basait surtout sur la lecture de PowerPoint sans trop d'interrogation dont notamment le cours de big data.

?? On a tellement à apprendre par cœur qu’une grande partie des informations ne sera pas retenue, tellement qu’il y en a. Nous avons eu une évaluation écrite sur tout ce qu’on a vu depuis le début du semestre pour toutes les matières sauf pour le module image processing de computer vision. Nous avons eu une évaluation de mi-semestre qui aurait été grandement appréciée dans les autres matières.

L'enseignant de ce module propose également plusieurs options d’évaluation de fin de semestre (projet de groupe, ou réalisation d’un algorithme dans un temps imparti). Nous avions choisi de faire projet à présenter sur MATLAB dans lequel il fallait choisir un thème, le développer et le présenter, seul ou en binôme. Nous avons choisi de travailler sur la détection des tumeurs cérébrales en faisant de l’image processing, nous n’avions pas le droit de le faire avec une IA.

L’examen qu’on a préféré ? Un projet sur la détection des tumeurs cérébrales en imagerie IRM, sur MATLAB. On s’est enfin senti dans le concret.

Un dataset nous a été fourni qui était composé d’images d’IRM avec quatre modalités différentes, qui sont très simplement le contraste noir blanc de l’image qui grâce au fluide à l’intérieur de notre cerveau (liquide cérébrospinal) permet d’isoler les tumeurs qui ressortent en blanc ou en noir par rapport au reste du cerveau selon la modalité observée. C’est certainement l’examen et la partie où nous nous sommes le plus rapprochés de ce qu’on aurait pu faire à ESIEE-IT.

 

Vivre l’Italie au quotidien

La vie en Italie : les Italiens ont un rythme de vie différent du nôtre, par exemple de 14h à 17h la plupart des commerces sont fermés et ils vivent plutôt le soir.

La gastronomie locale est à la hauteur de l’image qu’on a de l’Italie bien que les produits des supermarchés ne le soient pas. D’ailleurs, nous conseillons vivement d’aller dans les marchés et boucheries pour avoir de bons produits.

? Si je devais conseiller un plat à gouter à Bari, ce sont les pâtes all assassina qui sont originaires de Bari et qui sont excellentes notamment celle du restaurant “Piccini 28”. ?

Il y a pas mal de choix pour manger à Bari, nous avons goûté un hamburger avec une burrata à l’intérieur chez Mister Burrata, des panzerotti que Google décrit très bien comme “des chaussons de pâte à pizza farcis”, à la viande, tomate mozza, il y a du choix. Nous avons aussi adoré un restaurant tenu par Carlo, un italien tombé amoureux d’une française et qui a nommé son restaurant à son nom “Le Veronique“.

erasmus-bari-italie

 

Passer l’hiver en Italie, c’est prolonger l’été sous un ciel ensoleillé. Si vous rêvez de plages de sable et de baignades en pleine saison froide, cap sur le Promontorio del Gargano, à seulement une heure et demie de Bari.

Nous avons visité la majorité des lieux proposés par les sites de tourisme tel que Matera, Lecce, Alberobello et ses trulli ou encore Polignano a Mare dans laquelle nous conseillons les glaces de Joya canti di stagione qui sont excellentes, surement les meilleures que l’on a jamais goûtées.

alberobello

 

Nous nous sommes également perdus dans un lieu assez insolite pour du tourisme qui est le cimetière de Lecce. Il montre l’importance que portent les Italiens à leurs cimetières, les tombes sont toutes fleuries et entretenues mais cela souligne aussi la disparité entre des cimetières propres et la salubrité des rues.

Notre meilleure rencontre avec un Italien demeurera le coiffeur, Sergio, qui nous a conseillé moult destinations telles que Taranto qui est une ville très intéressante notamment pour l’histoire archéologique des environs.

Les principales différences culturelles qu’on a pu observer, je dirais que ce sont les heures d’ouverture et de fermeture des commerces, le tempérament des Italiens au volant et le fait que le code de la route est inexistant, les Italiens que je trouve individualistes en public.

Il y a aussi le 1er janvier qui est toujours un moment important, en Italie ils fêtent ce passage à la nouvelle année en achetant des feux d’artifices et les tirent tous pour la nouvelle année donnant un spectacle inhabituel.

alberobello-visite-italie

 

Arrivederci Cellamare : Erasmus comme les voyages scolaires sont des moments hors du commun qui ne doivent pas être inconsidérés car ce sont des moments dont on se souviendra toujours surtout si vous êtes avec des amis ou que vous faites de belles rencontres. Pour moi c’était surtout sortir des sentiers battus et une expérience personnelle positive. Je pense que c’est à faire et à refaire dans des pays différents pour avoir des points de comparaison et vivre différentes expériences. Pour ma part l’apport premier de cette expérience fut l’avant-goût de la vie en autonomie et en colocation aussi.

 

Adresses conseillées

Piccini 28
 → Via Niccolò Piccinni, 28, 70122, Bari, Italia
 ⭐ Pour déguster les célèbres pâtes à l’assassina !

Joya Canti di Stagione
 → Piazza Vittorio Emanuele II, 11 - Polignano a Mare

Annexe financière (Coût individuel estimé)

? Logement principal (5 mois) : 2000 €
 ? Airbnb (trajets & visites) : 1000 €
 ⛽ Essence pour la voiture : 500 €
 ? Courses et restaurants : 1500 €
 ? Activités culturelles : 300 €

? Total estimé : 5300 €

polignano-a-mare-italie

Polignano a Mare, notre coup de cœur des Pouilles